Le MaMA, maison-mère de l’industrie musicale

Le festival international des professionnels de la musique s’est déroulé dans plusieurs salles de Paris du 16 au 18 octobre. Retour sur les grands moments de ce MaMA 2013.

Mercredi 16 octobre, midi. Tout s’enclenche. De Pigalle à Barbès en passant par Montmartre, les rues de Paris 18e s’éveillent. Par wagons entiers de métro, ils arrivent. Ces programmateurs, producteurs, éditeurs de musiques, attachés de presse, artistes ou journalistes qui s’amassent au Trianon, point de chute central de cette 4e édition du MaMA. Les  professionnels du secteur musical venus du monde entier s’accaparent les cafés et entament le « networking ».

Le principe est simple. La journée : converser sur la santé du milieu, se créer de nouveaux contacts, débattre sur le business model musical à adopter. Le soir : déambuler d’une salle de concert à une autre, changer d’ambiance au gré des envies et négocier. Le produit même de ce marché fou n’est autre que la musique de demain, celle qui est amenée à battre des records d’écoute dans les mois à venir. Durant trois jours, l’immersion est totale. Ordinateur à la main, l’objectif, pour les participants, est de rester en effervescence la plus totale. Ici, pas question de parler français : la langue de Shakespeare est risiblement de rigueur. Même entre français. Le contact se crée, les cartes de visites s’échangent. L’événement, fondé en 2009 par Daniel Colling (créateur du Printemps de Bourges) est comme une fourmilière incessante.

Diagnostic du secteur musical
Les grandes questions existentielles autour des stratégies de marketing musical et la viabilité du secteur trouvent désormais leur place. Car, le MaMA est un festival mais surtout une convention. C’est un pacte entre tous les acteurs de la filière qui signifie « nous sommes tous ici dans un même but ». Pour réfléchir ensemble, des dizaines de conférences se succèdent durant trois jours et s’offrent librement aux professionnels, dans des lieux différents, avec des intervenants venus du monde entier. Parmi elles, « quelle (est) va être la valeur de la musique ? ». Les théories économiques les plus pointilleuses sont mises en exergue. Tom Silverman, directeur général de New Music Seminar (conférences de réflexions autour de l’industrie musicale), est venu tout droit d’Amérique pour partager la conclusion américaine à la question étudiée. « On n’a jamais eu autant d’infrastructures, de moyens, de talents, de labels, mais ce qu’il manque pour être viable et réussir, c’est un vrai business model, les Major ont une trop grosse part du marché », transmet-il. Le public le rappelle à l’ordre. Outre la valeur marchande de la musique, c’est toute la valeur artistique qui entre en compte. Philippe Astor, journaliste spécialisé dans la musique et les nouveaux médias, fait, à son tour, part de sa vision des choses typiquement françaises : « c’est le seul moyen qu’on a trouvé pour restituer nos émotions, la musique agit en mémoire des sentiments ».

Orgie sonore à la nuit tombée
Après une journée éprouvante de débats, négociations, conférences et rencontres décisives, dès 19 heures, les professionnels vont faire ce qu’ils sont censés faire le mieux : entamer une overdose de musique jusqu’à tard dans la nuit. Avec le programme heures par heures, une sélection s’opère et les sets s’enchaînent. Toute l’attention est portée aux tourneurs : chacun prend résidence dans une salle différente. Zamora production occupe les Trois Baudets pour la « Zamora Night » jusqu’à 23 heures le jeudi. Les bordelais de 3C s’installent dans le même temps au Bus Palladium. Très attendus au tournant, les bookers d’Uni-T au Divan du Monde. « On a choisi de faire jouer Owlle, Spitzer et Saint-Michel, qui sont tous différents mais à l’image de la musique électro-pop qui prend de l’ampleur actuellement. On rencontre beaucoup de monde toute la soirée, les artistes sont conscients de l’enjeu de ce concert et donnent le meilleur d’eux-mêmes », explique Gaëlle Poulain, administratrice d’Uni-T. L’attention de l’auditoire est palpable, les concerts ne se ressemblent en rien. le groupe Archive clôt le festival du côté de la Cigale. Le public privilégié accoure en communion dans la petite salle de spectacle. Si certains professionnels repartent le panier vide, d’autres souhaiteront prolonger l’aventure avec les artistes. Ce n’est qu’à l’orée des prochaines saisons culturelles, que les effets du MaMA se manifesteront.

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