Trismus

Le vrai visage de Timour Aubrun
« Trismus, c’est une sorte de voilier. C’est aussi la contraction constante et involontaire des muscles de la mâchoire ». Timour Aubrun utilise la musique pour voyager et s’exprimer. Quand il compose, il enfile son costume de magicien des sons et prend le pseudonyme de Trismus. Artiste électronique à ses heures perdues, depuis trois ans, le projet s’intensifie. Un premier EP, un deuxième, un troisième, et une reconnaissance qui s’affirme dans le milieu. Autodidacte, il s’est progressivement approprié chacun des instruments à sa portée, seul, sans l’aide de personne. Dans la grande famille de ce que l’on peut appeler l’électro, il ne cherche pas à s’identifier, à s’enfermer dans un genre. « L’électronique permet d’aller plus loin dans la création » et son objectif est de toucher l’alternatif. Le projet Trismus a mûri au fin fond de sa campagne natale. C’est ici, face à l’immensité des blés, qu’il se retrouve, pour créer.

De la trompette au beat électronique
Timour Aubrun a vingt ans. Il a la musique dans la peau, a grandit au son de la trompette, qu’il a pratiqué pendant longtemps. Au lycée, il s’essaie à la guitare quand il monte son groupe de rock au lycée. Il s’entoure de leaders, mais ce n’est pas son genre, il s’efface. Sa solitude se devine, sa discrétion crève les yeux.
Il comprend vite qu’il est meilleur quand il est seul. Timour pianote à l’aveuglette, chine du matériel sur internet, s’inspire des plus grands. Et puis s’essaie au live. En première ligne de ses auditeurs, ses amis, rassemblés en petit collectif underground qui le suit de concert sauvage en concert sauvage. L’un d’eux s’exprime : « Au début, c’était du bidouillage, des sons bizarres, mais ses dernières compositions sont plus précises, on sent qu’il a une idée derrière la tête. Ça reste de l’électro froid, mais qui lui va bien,  il est assez mystérieux ». Il est de ces artistes inaccessibles, qui refusent d’être translucides. Si certains DJ portent le masque, lui n’en a pas besoin. À chaque parole, il veille à transporter sa carapace. Quand Timour se livre sur son parcours, il prend son temps, réfléchit à deux fois avant de parler. Mais, quand il témoigne les sentiments qu’il ressent lors de certaines écoutes, il fait preuve d’une précision sans failles. Maturité, connaissance de soi et sensibilité extrême.

« Il s’enferme dans son univers »
Depuis quelques jours, Timour s’est installé à Lyon. Dans le but de faire des études, mais aussi de s’implanter dans la vie nocturne lyonnaise. Blasé des petits clubs parisiens, il rêve de choses en grand : « Il y a cette boîte, le Sucre, qui me rappelle les clubs berlinois à son architecture, et puis le festival des Nuits Sonores, qui est une référence », raconte-t-il. S’il semble savoir ce qu’il veut, le garçon se cherche. Il est encore jeune, et il le sait. Rien de plus probant que d’appeler son dernier EP “Somnium”. « Ça veut dire songe en latin », précise le jeune homme. En dehors de la musique, il semble en marge. Sans ses sons, il se dit déboussolé. Comme un repère, il s’y agrippe, « s’enferme dans son univers parfois, au risque d’en oublier le monde extérieur », le regrette l’une de ses proches. Et si le succès ne lui apporte pas encore suffisamment d’adrénaline, Timour se laisse bercer, par ses songes, tout éveillé, au gré du beat percutant et des harmonies vaporeuses.

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