« Casse-tête chinois » – Cédric Klapisch

Il nous avait manquer. Romain Duris aka Xavier, ce héros nature au regard avisé sur le monde dont la plume s’adresse directement à notre conscience, sans passer par quatre chemins. Fidèle aux deux premiers volets, Casse tête chinois reprend ses quartiers, ses personnages. Depuis l’Auberge Espagnole, l’auteur parisien a bien grandi. Et pourtant, c’est comme si rien n’avait changé : on retrouve Xavier comme un vieux pote, qui nous donne des nouvelles de son ex, sa femme, sa mère, et même son père, gardé caché comme un sujet tabou depuis le début de la saga. De nouveaux personnages sont introduits : un éditeur cliché aux expressions niaises mais indispensables, des enfants adorables comme c’est pas permis. D’autres réapparaissent, comme Mr Boomaker, monsieur « tout le monde ». Et son destin, qui le surprend chaque minute, va l’emmener à New York. Si la première réaction de l’audience fait passer ce changement de décor pour un excès de rêve américain, la vision de New York par Xavier fait toute, mais alors, toute la différence.  New York, pour la première fois, se dévoile au naturel, sans ses artifices traditionnels. Le pont de Brooklyn ne scintille pas dans la nuit, il se noie dans la masse nuageuse. Avec les yeux d’un français. Après avoir expérimenté, Paris, sa ville d’origine, Barcelone, sa ville étudiante, et Londres, la ville de l’amour, c’est ici que le héros poursuit sa quête du bonheur.

« La vie, c’est compliqué », dit-il. Le regard sage et mature, il fait le bilan. Finalement, la femme de sa vie, il la cherche toujours. Fidèle aux deux premiers volets, Casse tête chinois reprend ses quartiers, ses personnages. De nouveaux sont introduits. Un éditeur cliché aux expressions niaises mais indispensables, des enfants adorables comme c’est pas permis. Pour la première fois, Xavier se pose les bonnes questions. Il regarde en haut des gratte-ciels en rêvant, sans se décourager. Il repart de zéro avec un courage qui nous rappelle la fougue de sa vingtaine. Mais c’est à 40 ans que Romain Duris touche l’apogée de son rôle. Il excelle : avec lui, le cinéma est franc. Son humour est intact, l’amitié entre les personnages reste inchangée. La morale, s’il y en a une, Klapisch a souhaité la transmettre par la bienveillance. Celle de Xavier pour ses amis, qui le pousse même a accouché non directement d’un troisième enfant. Celle qu’il porte aussi à ses enfants. Celle que le spectateur lui accorde aussi. Ainsi, l’histoire se referme avec sérénité. Finalement, quitter Paris ne fait pas de mal.

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