Jimm : « Paris, cette fourmilière de groupes de rock »

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Fou de riffs effrénés et de solos de guitare, Jimm s’ancre dans ce cercle de musiciens à garder à l’œil. Son premier album éponyme, qu’il tente d’imposer sur la scène parisienne, est sorti en avril dernier chez Dooweet Records. Rencontre avec un artiste complexe et complet.

Raconte nous tes débuts de musicien…
Jimm : De ce que je me souviens, j’ai toujours aimé la musique. J’ai fait un peu de piano quand j’avais sept ou huit ans. Ce sont mes parents qui m’avaient forcé à en faire. J’en ai fait pendant deux ans et ensuite j’ai attaqué la guitare, à 12 ans. J’avais commencé à écouter du rock à 10 ans avec le film Terminator 2 avec la bande originale faite par les Guns N’Roses. Tout de suite, j’ai voulu faire de la guitare électrique, mais on me disait qu’il fallait faire de la guitare acoustique avant. Je n’avais pas envie de passer par là, donc j’ai attendu un peu. Deux ou trois ans après, dans mon collège, j’ai trouvé une annonce qui proposait des cours de guitare dans une sorte de conservatoire. J’ai donc finalement commencé par prendre des cours de guitare classique.

Tu as toujours su que tu voulais faire de la musique ?
Jimm : Toujours su non, mais à partir du moment où j’avais écouté les Guns, j’ai eu une révélation pour le rock et la guitare. Je voulais faire pareil.

Tu as commencé à jouer en groupe. Pourquoi as-tu finalement décidé de poursuivre en solo ?
Jimm : J’avais des groupes avec mes potes d’adolescence, en Corrèze. Pour des questions de divergences musicale, de motivations, et puis de distance géographique aussi. Ça n’a jamais abouti. C’était galère de faire quelque chose de concret. Je voulais faire du rock. Eux, ils étaient plus sur du métal. Je me suis souvent embrouillé avec le batteur à ce niveau-là. À Paris, j’avais essayé de trouver des musiciens pour monter un groupe, mais ça n’a jamais pris, donc, il y a trois ou quatre ans, j’ai décidé que j’allais enregistrer un album tout seul en studio et  qu’après, je trouverai des musiciens pour monter le groupe pour les concerts. C’est plus facile dans ce sens là que l’inverse. Je suis parti seul de zéro, j’ai fait tout le travail studio sauf la batterie et ensuite, une fois que l’album était fini,  j’ai monté le groupe.

Maintenant que tu as trouvé tes musiciens, tu préfères quand même être le héros de l’aventure ?
Jimm : En Corrèze dans mon ancien groupe j’étais déjà guitariste et chanteur. Je composais la musique, et aujourd’hui c’est toujours le cas. Avec le groupe, on place les morceaux en répèt’, pour le live. On va dire que même si le projet est au départ un projet solo, en live, on est toujours un groupe.

Comment qualifierais-tu ta musique ?
Jimm : Pour moi c’est heavy rock. Au niveau de la guitare, il y a certains riffs légèrement métal, car je l’accorde un peu plus bas. Il y a quand même quelques sonorités métal, mais j’ai une voix claire donc ce n’est pas comme Sepultura ou Slayer, où c’est un peu violent au niveau des chants. Mais selon moi, mon son de guitare n’a pas un son métallique comme on en trouve dans les groupes de métal. Mon truc, c’est plus gros rock moderne avec des influences métal et punk.

Qu’est ce qu’il y a de plus pour toi dans le rock ?
Jimm : La mélodie et l’énergie je dirais. J’aime bien le rock pêchu mais avant tout mélodique, avec un tempo rapide bien souvent. Mais par exemple le rock indé comme les groupes anglais du type Arctic Monkeys, c’est pas mon truc. J’aime bien les solos de guitare à la Slash, les riffs qui accrochent l’oreille en fait, quand la guitare envoie du lourd. Tout en restant simple et efficace.

Tu sais jouer de la basse, tu fais du piano, de la guitare… si tu devais choisir un seul instrument, ce serait lequel ?
Jimm : Je joue un peu de basse, comme un guitariste en fait. Mais je ne suis pas bassiste d’origine. Le piano j’ai quelques notions mais je n’en joue quasiment jamais en ce moment. La guitare, ça a toujours été mon instrument.

Tu chantes en français. C’est quelque chose qui est voulu, que tu revendiques ?
Jimm : Ouais pour deux raisons. Déjà pour écrire en anglais, je n’ai pas le niveau. Ni pour la prononciation ! Et j’adore le rock français, comme Trust, Noir Désir, les groupes des années 1980…Avec mes anciens groupes, on chantait déjà en français, donc c’était normal de continuer. Je me suis jamais vraiment posé la question. J’ai jamais fait autre chose que du français, et ça me plaît. Je suis français, je chante en français. C’est aussi une question d’authenticité, voire d’intégrité par rapport à ce que j’écoute.

Ton album vient de sortir. C’est un projet qui t’a pris du temps ? Comment cela s’est-il passé ?
Jimm : J’ai mis du temps à réunir les compositions, à les travailler pour faire un album correct. Il fallait trouver où l’enregistrer, un batteur, et monter un groupe pour le live. Ensuite, j’ai démarché des labels. Dooweet a monté son petit label. L’album est sorti chez eux, puis j’ai fait un clip pour promouvoir l’album. Tout ça, ça m’a pris du temps.

Tu n’es pas originaire de Paris, penses-tu que tu as bien apprivoisé la scène rock parisienne ?
Jimm : Non pas vraiment, même si je commence à rencontrer quelques personnes depuis la sortie de l’album. Je commence à me faire mon réseau. Mais je n’évolue pas dans un style qui est à la mode en ce moment, ici. Il y a pas mal de groupes qui font tous la même chose. Moi, je fais du rock français, c’est un peu à part.

Comment trouves-tu cette scène rock ? Comment tu pourrais la décrire ?
Jimm : Je dirais que c’est un petit microcosme, enfin c’est l’impression que j’ai avec mon point de vue un peu extérieur. La scène métal est carrément saturée, et il y a aussi énormément de groupes de rock. Paris, c’est une fourmilière, tu as plein de groupes et tu galères assez à trouver des endroits cools pour jouer. Car paradoxalement, il n’y a pas énormément d’endroits pour jouer du rock métal dans des conditions correctes, quand tu débutes. C’est un peu la jungle.

Où se trouvent tes QG, tes bonnes adresses ?
Jimm : Je vais souvent au Bus Palladium à Pigalle, c’est une boite rock sympa avec des concerts. Je n’ai pas vraiment de QG en fait. Je traine souvent dans mon quartier, dans le 14e et 15e, dans des endroits pas spécialement rock d’ailleurs ! Côté salle de concerts, j’aime bien le Divan du monde. Après, il y a des bars rock métal, comme les Furieux et le Dr Feelgood à Bastille, où je vais de temps en temps. À une époque j’allais souvent à des soirées rock ou gothique sur des péniches. Ca dépend des périodes en fait.

Tu as sorti deux clips. Ton troisième est en préparation… tu accordes beaucoup d’importance à la vidéo ? Quelle importance ont les clips selon toi ?
Jimm : C’est l’élément promotionnel numéro 1 pour moi. Youtube, tout le monde va dessus : c’est à la fois visuel et sonore, et, pour démarcher, c’est mieux. Ça montre le groupe etc… Ca fait sérieux quand c’est bien fait ! En plus, tu peux le faire tout seul ou avec peu de moyens.

Ça te permet de mettre tes paroles en images ?
Jimm : Non, ce n’est pas forcément ça. Le deuxième clip, c’était un live, il n’y avait pas de scénario. Et l’autre, c’était très basique. C’est souvent le réalisateur qui me soumet des idées. Pour le prochain clip, le pitch, c’est le sien, après on en discute… Mais j’avoue que ce n’est pas trop mon domaine, la vidéo.

Qu’est ce qui t’inspire pour écrire tes morceaux ?
Jimm : Je n’ai pas trop de règles, souvent, je trouve d’abord la musique. Quand j’allume mon ampli, le premier truc spontané que je joue, ça devient souvent un morceau. Je compose en peu de temps, c’est toujours efficace. Tous les morceaux de l’album ont été fait comme ça, de manière assez rapide. Par contre, pour les textes, c’est galère… il faut trouver un sujet et c’est pas mon point fort. Ensuite, il faut broder autour du thème, il faut que les mots collent sur la mélodie. J’y passe vraiment beaucoup de temps. C’est l’exercice le plus dur, pour moi. J’essaye toujours d’écrire à partir de quelque chose que j’ai vécu, ou d’un ressenti.

Donc, on peut considérer que chaque titre de l’album est très personnel…
Jimm : Pas tous. Des fois je donne mon avis sur un sujet. Dans le titre “Mathusalem”, je parle de mes souvenirs de vacances à Saint-Tropez, quand les mecs se foutent du champagne sur la gueule en boîte avec plein de filles autour. Pour “Requiem”, ça parle des religions…

Quels sont tes projets ? Des prochains concerts sont-ils programmés ?
Jimm : Oui, on fera des concerts dès  février 2014 normalement. On va jouer en région parisienne, à Paris même, en province aussi. On va essayer de viser quelques petits festivals pour l’été 2014. Quant au troisième clip, il va être fait très bientôt, en décembre normalement. Et le deuxième album, j’espère qu’il sera prêt à la fin 2014 !

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