Des curiosités au goût anis

Et si soirée mondaine rimait avec découvertes musicales ? Mercredi 18 décembre dernier, réception près de l’Arc de Triomphe. Retour sur cette mystérieuse soirée, qui a définitivement révolutionné l’underground.

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Rue Newton, Paris 8e, 19h. Une lumière jaillit d’un petit hôtel particulier. Non loin des sentiers gouvernementaux et près des enseignes de luxe, la façade n’a rien de rock’n roll. Devanture épurée, architecture soignée, l’édifice se fond dans le décor. Les convives qui arrivent se faufilent à l’intérieur. Liste d’invités et escalier en marbre. Petit vestiaire et buffet de petits fours. Une salle de réception accueille la foule qui se presse. Au programme, ce soir, c’est “laboratoire des curiosités”. C’est ici, dans le salon de la direction régionale de Ricard, que deux jeunes formations musicales sont sur le point de se dévoiler aux yeux du public. Côme, groupe de rock indépendant, ouvrira la soirée, suivi de Thylacine, artiste électronique originaire d’Angers. Réalisée en partenariat avec l’association du Laboratoire des Curiosités, dont le but est de soutenir les artistes dans leur développement, cette soirée privée est le premier fruit de cette collaboration. Toutefois, le concept n’est pas novateur chez Ricard. “C’est exactement les missions que l’on a pour le Prix Ricard SA Live Music, qui un tremplin pour les nouveaux talents”, raconte Clément Grau, chargé de production au département musique de la marque. “D’habitude, dans cette salle, nous organisons des soirées en comité plus réduit, pour des conférences de presse ou des concerts spécifiques”, poursuit-il.

Ricard, comme beaucoup d’autres grandes sociétés, ne se contentent plus de leur logo en soutien d’un événement. Le mécénat culturel séduit de plus en plus de marques. Et pour l’entreprise marseillaise, depuis 25 ans, la priorité, c’est la musique et l’art contemporain.

20h- Dans l’auditoire, le gratin du secteur musical a répondu présent : directeurs de label, presse, tourneurs … Amassés devant l’open-bar, des visages semblent familiers. Les musiciens de Balinger croisent David Boring des Naive New Beaters. Les mêmes sujets traversent les conversations du microcosme d’initiés. Et ce n’est pas un hasard, car ce soir, chacun vient dans le but de découvrir les groupes de demain. Sélectionnés avec soin par les deux entités organisatrices, les deux coups de coeur du jour commencent chacun à tourner sur les grandes scènes. Pour le Laboratoire des Curiosités, le partenariat avec Ricard apparaît comme naturel.

Véritables “activistes de la découverte musicale”, comme se définit le “Labo”, la mission des soirées de “Curiosités” est de donner aux artistes un coup de pouce.

30 minutes pour faire ses preuves

20h30 – Le premier concert commence. Les trois musiciens de Côme s’imposent sur la petite scène. Attentif, le public redécouvre le rock, comme un genre qui avait été oublié sur le bord de la route, et qui soudainement, renaissait sous une autre forme. Une forme qui s’évade, qui tente de sortir des cadres bruts. Pour certains dans l’assemblée, l’alchimie prend. Pour d’autres, un relent de déjà vu se fait sentir.

21h- Dehors, sur la terrasse, le patio chauffé fait fureur. Parmi les palmiers, l’ambiance lounge inviterait presque à la cigarette. Et si ce n’est pas pour la nicotine, c’est pour les tweets. Doté du hashtag de la soirée (#LaboRLM), celui qui dépose ses impressions sur le réseau social voit son tweet projeté sur le mur d’en face. Ici, si l’ambiance prend des airs de “ce soir, pas question de parler boulot”, c’est tout l’inverse. Le monde se réinvente, loin des conjonctures négatives du quotidien. “On a déjà joué à Stockolm, Madrid, et là on revient de Prague avec le groupe” scande un homme à son interlocutrice.

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Revue de tweet sur le mur d’en face

22h- Les beats de Thylacine retentissent. Le public revient en masse dans la salle du concert, comme attiré par un son venu d’ailleurs. En pourtant, rien de neuf : des machines, de la douce electronica et un saxo. Mais le talent de l’artiste est de ces choses qui ne s’expliquent pas : le public semble conquis et littéralement absorbé par l’art de William Rezé, jeune angevin de tout juste vingt ans. Déjà invité en première partie de Vitalic ou de VV Brown, le bruit court dans la salle que l’artiste ne restera pas longtemps inconnu sur le marché.

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L’heure du verdict

22h30- Fin du spectacle, retour sur la terrasse pour le débriefing. Les discussions se mêlent, les cartes de visite s’échangent. Du côté de Ricard S.A. Live, la soirée semble être une réussite.  Pour la suite, les membres de l’organisation restent incertains sur le renouvellement d’une soirée de ce genre. “Nous n’en avons pas encore vraiment parlé, mais ce qui est sur, c’est que ces concerts ont dépassé nos attentes. Ils ont attiré beaucoup de monde, à la fois des professionnels du secteur, mais aussi de simples amateurs de musique, invités par le Labo”, conclut le chargé de production Ricard S.A. Live. Et la combinaison semble gagnante.

00h- En rentrant, un petit tour du cyber-horizon s’impose. En apparence, rien de neuf sur les réseaux sociaux chez les artistes. Mais en profondeur, leurs noms résonnent sur la toile. La graine est plantée, il n’y a plus qu’à attendre que ça pousse.

  

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