#1 Récit d’aéroport

Roissy. Dimanche 22 décembre, 19h34.

Chronique. Voilà ce qui se passe quand on se balade dans un aéroport.

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Départ
Le RER nous dépose à la porte d’entrée sur le reste du monde. Ici, les bâtiments se confondent à la vie réelle, nul ne prend conscience du dehors et du dedans. Par là, les départs, par ici les arrivées. Un panneau, à l’échelle fantastique, surplombe les quais de la gare TGV. Malaisie, vol dans deux heures. Lyon, embarquement immédiat. Bangkok, avion au décollage.
Puis, vient le choix du terminal. Chacun semble battre des records de superficie. La marche vers la destination voulue est interminable mais si douce. Calme et volupté sur le tapis roulant. Musique d’ambiance et pistes au dehors. Les étoiles brillantes filent à la queue leuleu.

Arrivée
Aux arrivées, de grandes vitres séparent les deux mondes. A droite, les arrivant récupèrent leurs bagages. À gauche, les proches viennent chercher les arrivants. L’attente se prolonge à travers la vitre. Les plus impatients s’échangent quelques mots au téléphone, certains souhaitent même immortaliser le moment en prenant leurs proches en photo en train d’attraper leurs valises sur le tapis. Quand le moment est enfin arrivé, bagages en main, chacun sort de la zone “ailleurs”, appelons la “la non-zone”, en franchissant la limite. Toute sortie définitive. Chaque porte automatique qui s’ouvre suscite l’attention de toute la salle d’attente.

Les retrouvailles d’aéroport sont sociologiquement fascinantes. À l’approche des fêtes de Noël, cet effet est accentué. Les familles se retrouvent, les amoureux s’attendent avec un bouquet de roses à la main. Certains sortent accompagnés de la douane, d’autres se rencontrent pour la première fois, ou d’autres encore courent pour ne pas louper leur correspondance.
Mais, quand vient la personne tant attendue, c’est la déception pointe le bout de son nez. Durant les minutes d’impatience, la magie du lieu a nourrit le rêve, idéalisant l’arrivée en faisant grandir considérablement l’émotion du retour. Oui, ça sert à ça aussi les aéroports. C’est comme les casinos, on perd la notion du temps, on a l’impression de plus être dans la vraie vie, mais dans l’illusion. Comme si tout était rendu possible, on se prend à jouer aux maîtres de nos destins, mais finalement, quand on ressort, on est à toujours à Paris, et rien n’a changé.

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