« Nervures » et « Gravité » de Fabrice Lambert au théâtre des Abbesses

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Nervures (2013)
Comme un oiseau, Fabrice Lambert joue avec son ombre et la lumière. D’élans soudains, les mouvements saccadés se succèdent, rythmés par, tantôt l’extrême lenteur, tantôt la vitesse pressante. Le danseur se mue dans la peau d’un pantin mené par des ficelles invisibles. Tiraillé de toute part, son corps se courbe puis s’élève, sous l’effet d’une bande son aux harmonies qui chatouillent. Si l’intitulé de la pièce fait écho aux accès d’énergie et de virtuosité dont le danseur fait preuve, il renvoie, selon Fabrice Lambert, « à l’espace où chaque chose a une vie autonome et dont l’association crée un paysage subjectif ». Le plateau est meublé par deux objets phares, au cœur de chacun des mouvements entrepris : une lampe qui pend, et un mobile, conçu spécialement pour la pièce par le plasticien Xavier Veilhan. Fabrice Lambert danse au son des dialogues avec des aveugles. Les paysages décrits à travers les témoignages bâtissent un cadre à la chorégraphie de l’artiste. « Demande leur quelle est la saison des pommes, la saison des fraises. Ils ne savent pas », s’étonne l’une des personnes interrogées. Mais nervures riment avec ruptures, et ce n’est pas un hasard. Les paroles sont coupées, les discussions s’interrompent. La danse continue. Une voix sortie de nulle part raisonne : « Qu’est ce que tu vois derrière ta tête ? « .

Gravité (2007)
Le reflet dans l’eau est comme un miroir. Comme si ce miroir montrait la réalité des choses, la réalité du corps. Fabrice Lambert effectue une performance au sol, dans l’eau, afin de créer le spectacle à l’angle droit, sur une toile, sur laquelle est projetée son ombre. Avec les clapotis de l’eau, chaque figure s’inscrit sereinement sur la toile, donnant naissance à un tableau unique et innovant.
Si l’art connaissait déjà le « Carré blanc sur fond blanc » et le « 4, 33 » de John Cage, il n’avait peut-être pas encore côtoyé la micro-danse horizontale de Lambert. Durant vingt minutes, la pièce compte quelques postures, réfléchies certes, mais heureusement sauvées par une installation époustouflante. Fabrice Lambert met là en exergue ses talents d’avant-gardiste et d’artiste conceptuel. Mais pour ce qui est de la danse, on repassera.

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