« Yves Saint Laurent » de Jalil Lespert

Pierre Niney (Yves Saint Laurent) et Guillaume Gallienne (Pierre Bergé)

Pierre Niney (Yves Saint Laurent) et Guillaume Gallienne (Pierre Bergé)

Si quelques envieux doutaient encore du grandiose de la Comédie Française, ils seront convaincus à coup sûr face à Yves Saint Laurent, chef-d’oeuvre de Jalil Lespert, mettant en scène les deux stars de l’Institution théâtrale, Pierre Niney, dans le rôle du héros, et Guillaume Gallienne, incarnant Pierre Bergé. Dans les codes du biopic, le film retrace les moindres détails de la vie d’Yves Saint Laurent, ce personnage unique en son genre qui révolutionna le monde de la mode. Décédé le 1er juin 2008, l’artiste, au delà de la complexité de sa personne, a marqué les esprits par sa liberté d’avant-garde et son goût incomparable. Pierre Niney, qui avait déjà fait ses preuves dans « 20 ans d’écart » ou « J’aime regarder les filles », se confond avec le protagoniste, et Guillaume Gallienne, nouvelle super-star du septième art après « Guillaume et les garçons, à table », excelle une nouvelle fois.

Jalil Lespert a fait le choix de reproduire à l’identique la vie de Saint Laurent, ses angoisses, sa magie, ses amants, ses inspirations. Avec l’accord de Pierre Bergé en personne, le tournage prend racine dans l’appartement du couple 5 avenue Marceau, ou encore dans le Jardin de Majorelle, à Marrakech, où le styliste imaginait ses collections. Se muant dans la peau de son personnage, Pierre Niney, muse du théâtre entré à la Comédie Française à l’âge de 21 ans, avait le même âge qu’Yves Saint Laurent alors débarqué fraîchement dans le monde de la mode.

Si le film reste fidèle en tout point à l’épopée de Saint Laurent, la rétrospective défile, faisant apparaître un échantillon de ses collections, en même temps que son caractère. Modeste, timide, effarouché. Le récit linéaire de sa vie mène le spectateur au fin fond d’une réflexion bien profonde sur les modes et les mœurs. La façon dont YSL a imposé ses goûts et ses pratiques dans une société hermétique comme les années 1960 dénote avec les actions rétrogrades qui agissent dans la société actuelle, supposée être évoluée. Bref, un film qui laisse rêveur.

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