Rubin Steiner // French Cowboy & the One @ Louvre

Rubin Steiner prend ses quartiers au Louvre pour faire renaître le cinéma avec la musique. Pour cinq ciné-mix, il troque son costume d’artiste électronique pour celui du programmateur. Lors de cinq soirées, il invite les musiciens qui l’inspirent à venir créer (ou recréer) l’univers musical d’une séquence cinématographique muette.

« Observer cette relation fusionnelle, complice, joueuse, sophistiquée, soumise et jamais anodine, c’est chercher au plus près de ce que l’un offre à voir ou à écouter l’autre […] mais il y a aussi une autre émotion que j’affectionne particulièrement, c’est ce moment magique qui opère quand le film se réalise tout seul dans notre tête à l’écoute d’un disque : ces images qui arrivent d’elles-mêmes quand on écoute de la musique sont pour moi le plus intime du cinéma », écrit Rubin Steiner, à propos du format qu’il propose à l’Auditorium du Louvre.

Comme à l'Opéra, l'auditorium a aussi sa fosse d'orchestre.

Comme à l’Opéra, l’auditorium a aussi sa fosse d’orchestre.

7 février, 20h. La foule se presse sous la pyramide. Pour sa première, Rubin Steiner a invité French Cowboy & the One, le duo mené par Frédéric Pellegrini (ex-chanteur de The Little Rabbit). Les trois artistes sont réunis pour présenter au public un enchainement sur le thème de la Conquête de l’Ouest. La première vidéo commence… par la guerre froide. Un film de propagande japonais montre l’attaque de Pearl Harbor. En fond sonore, un homme raconte que dans son enfance, il a pris le bateau pour aller en Amérique. Le parallèle est appuyé par un son clair et lointain évoquant le voyage et l’angoisse de l’inconnu. Le court-métrage suivant prend la suite soudainement et est entrainé par un son rock vivifiant. Rubin Steiner agrippe sa guitare et maitrise ses machines simultanément. À l’écran, « The Great Train Robbery », western-court métrage qui raconte l’épopée de trois bandits de l’Ouest américain.

L’époque change et les artistes nous transportent dans « le désert Las Vegas », entre lumières et machines à sous. Plus alternatif et tendant vers le minimalisme, la bande sonore transparait une ambiance grandiose et malsaine à la fois. Si bien qu’elle comble tout le sens des images. Focus sur le Stardust, à Vegas. À l’intérieur se joue un match de boxe crucial entre Mohammed Ali et Floyd Patterson. Tout est donné à voir à la manière d’un grand film. L’auditoire ne perd pas une miette du round comme s’il n’avait jamais regardé de boxe de sa vie. Transition sur la jeunesse californienne et les dangers du surf, le documentaire kitsch et réaliste épouse une musique rock planante, toujours soulignée par les beats de Steiner à chaque vague. Puis, c’est l’heure de s’envoyer sur la lune. La fusée décolle dans une ambiance atmosphérique dont la modernité contraste avec la qualité des séquences. Buster Keaton entre en scène ensuite avec « Malec chez les indiens », les didascalies sont même interprétés par le batteur de French Cowboy and the One avec une voix métallique. Ingénieux, surprenant et bien pensé. Après quelques éclats de rire sur les gags du héros, Rubin Steiner et ses invités cloturent la série avec une vidéo expérimentale de Ken Jacob (« The Georgetown Loop »), doublant l’image comme un miroir, créant une illusion d’optique et se calquant sur des harmonies lointaines, scintillantes et intemporelles.

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