Conter et transmettre, l’art selon Chimère et Mélusine

En 2003, l’association Chimère et Mélusine est née dans l’Est du Loiret. Dix ans plus tard, les conteuses font le bilan sur l’influence de l’art du conte en province.  

Plus qu’un art oral, Chimère et Mélusine transmet le conte comme un art de vivre. Petite compagnie de conteurs implantée près de Montargis, au sud de la capitale, Chimère et Mélusine est le premier collectif à investir cet art sur ce territoire. Pas seulement pour les enfants mais aussi pour les adultes. « On ne se cantonne pas à un seul type de public. Le propre du conteur est de diversifier son répertoire », explique Sylvie Terrasson, la fondatrice de l’association. Alors, selon les demandes et différents projets, les cinq conteuses proposent des contes merveilleux, des contes pour adultes ou encore des contes de randonnées. D’après Sylvie Terrasson, pour être conteur, il ne semble pas y avoir de recette miracle. « Seulement garder en tête qu’on reste au service de l’histoire, on en est le témoin et on en fait don à ceux qui nous écoutent », justifie Sylvie. « Plus les images sont claires et précises dans notre tête, mieux elles seront transmises au public », renchérit sa partenaire, Annette, présidente de Chimère et Mélusine.

Choisir son formateur comme un guide
Et pourtant, il n’a jamais été question d’une pratique professionnelle. Toutes bénévoles et passionnées, Sylvie, Annette et les autres ont forgé leur style oral grâce à plusieurs stages et formations, qu’elles ont suivies avec des conteurs professionnels. Bruno De La Salle, Annie Kiss, Jihad Darwiche, ou encore Catherine Zarcate… chacune possède son mentor. À la manière des classes de danse, les classes de conte sont nombreuses actuellement. « Les formateurs ne font pas passer le même message : certains sont concentrés sur le geste, d’autres accordent de l’importance au regard… il faut pouvoir choisir celui qui a le plus de générosité, qui a le plus de choses à transmettre », témoigne Annette.

Faire sa place sur un terrain encombré
Si cet art a puisé son essor chez les collecteurs d’histoires au début du XIXe siècle, il a fallu attendre les années 1980 pour être remis au goût du jour. Aujourd’hui, à Paris, il explose. Les conteurs se retrouvent noyés dans la masse en peinant à s’imposer devant la densité de l’offre et une maigre demande. Mais, sur le territoire montargois, peu d’histoires ont été cultivées et transmises par le passé. Avant l’avènement de Chimère et Mélusine, il y a dix ans, le conte n’avait pas sa place ici, contrairement à la région bretonne, du Berry ou encore de la Sologne. « Il a fallu cinq années pour sentir une reconnaissance… du conte et de l’association », avoue Sylvie Terrasson. Pour cette dernière, le conte est un art essentiel, qui « n’est pas prêt de se perdre ». « Dans une société de l’écrit et de l’image, on ressent un besoin du retour à l’oral. Si le livre guide l’imaginaire des enfants, le conte l’ouvre totalement », partage-t-elle. De plus en plus sollicitées, les conteuses de l’association multiplient les prestations. Dans les écoles, dans les musées, dans les médiathèques. Partout où elles passent, l’art du conte se répand. Et Chimère et Mélusine ne conte pas en rester là.

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