« G I R L » : Même en solo, Pharrell Williams n’est jamais seul

Presque dix ans après son premier disque solo, Pharrell Williams signe une nouvelle production rien qu’à lui, intitulée « G I R L ». Décryptage d’un album complet, intime tout en étant collectif.

La pochette de l'album "G I R L" de Pharrell Williams

La pochette de l’album « G I R L » de Pharrell Williams

Si Pharrell Williams s’est imposé en 2013, s’inscrivant aux crédits des plus gros tubes de l’année (« Blurred Lines » avec Robin Thicke, « Get Lucky » avec les Daft Punk), il fait cavalier seul en 2014. Enfin presque. Pour « G I R L », chez les disquaires depuis le 3 mars dernier, l’artiste a su, une nouvelle fois, s’entourer des bonnes personnes. En plus des pistes interprétées en duo, Pharrell s’impose avec des inspirations évidentes, puisées dans l’histoire de la musique pop.

Arpèges majestueuses, puis lancement de la machine par Pharrell Williams. « Different », lance-t-il, en guise d’introduction. Et différent, il l’est : exit le hip-hop et bonjour la pop pour l’artiste. Sur ce premier titre, le chanteur personnifie la gente féminine avec la figure de Marilyn Monroe. Scandant des « girl », sur les cordes orchestrées par le compositeur Hans Zimmer et la voix de Kelly Osbourne, Pharrell récite son ode aux femmes qu’ils admirent, comme Cléopâtre ou Jeanne d’Arc. La déclaration, qui durera tout au long du disque, s’enchaine sur « Brand New ». Véritable pépite de l’album, sur laquelle Justin Timberlake pose sa voix fluette et Timbaland son beatboxing, le titre impose ses cuivres entêtants, dans des harmonies proches de celles des Jackson Five. La collaboration entre les deux artistes n’est pas neuve : elle avait déjà donné naissance à « Justified », succès de Justin Timberlake paru en 2002. Sur des bases plus funk, « Hunter » rappelle indéniablement les plus grands tubes de Stevie Wonder. Une admiration déjà prouvée lors de la cérémonie des Grammy Awards : Pharrell Williams avait alors partagé la scène avec l’interprète de « Superstition » et les Daft Punk. Avec la balade « Gush », le chanteur emprunte cette fois des airs de Michaël Jackson.

Entre le traditionnel et l’insolite
Puis vient « Happy », la seule partie visible de l’iceberg. Le single, devenu incontournable du début de l’année 2014, est en réalité un aperçu de la direction prise par Pharrell Williams avec cet album : rafraichissante, moderne et dansante. L’artiste prend ensuite le cap sur une rythmique country qu’il cadence avec la sulfureuse Miley Cyrus. Mais bien loin du tube, le titre est vite évincé par « Gust Of Wind ». Pharrell et les Daft Punk, c’est une affaire qui roule. Ils le prouvent une nouvelle fois avec cette perle de la production musicale, mêlant leurs deux univers. Retour à la douceur avec la berceuse tribale « Lost Queen », alliant le sample de chœurs et percussions de la savane. Quelques vagues s’échouent sur la plage et « Freq », la hidden song du disque, se fait entendre. Invitant la chanteuse américaine Jojo à se joindre à lui, Pharrell Williams fournit à son album le slow dans les règles de l’art : nonchalance, rythme saccadé et sonorités R&B. Si le chanteur ouvre la piste suivante, il laisse les rênes à Alicia Keys pour « Know Who You Are », greffant un rythme ska inédit et audacieux. Pour conclure « G I R L », l’artiste a mis au monde un hymne, « It Girl », chanté à plusieurs voix, qui offre une apogée cohérente à sa déclaration d’amour aux femmes.

Plusieurs cordes à son arc
Pharrell Williams est passé par plusieurs phases. Après avoir été skateur surdoué, rappeur sur son premier disque, batteur dans son groupe N.E.R.D., et producteur prisé des stars, l’artiste aux multiples casquettes semble avoir trouvé sa voix avec son nouvel album. Et quelle voix. Perchée à l’octave, elle s’affirme de piste en piste, rappelant inévitablement ses idoles (Michaël Jackson, Stevie Wonder). Et pourtant, le chanteur offre un regard visionnaire sur la pop de demain, façonnée à la note près par la figure du producteur-artiste. Pharrell Williams a su sortir du lot en flairant les alliances sonores possibles pour la préparation de son disque. Mais « G I R L » ne s’arrête pas là : l’artiste a surtout convié toutes les femmes, aussi bien sur la pochette qu’au cœur des paroles des morceaux. « Pour faire [l’album], mes muses étaient les femmes. Je les aime […] Un jour, il y aura environ 75% des dirigeants qui seront des femmes, dans le monde », avait-il déclaré au magazine britannique Time Out. Et « G I R L » dépassait déjà le seuil des 55 000 ventes dans le monde, deux semaines après sa sortie. Alors Pharrell Williams, meilleur accompagné que seul ?

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