« Les passeurs de culture », à la mode aux Arts Décoratifs

Le musée de la mode, à Paris, met actuellement, et ce jusqu’au 1er août, le créateur de mode Dries Van Noten à l’honneur. Au delà de l’exposition, l’institution permet, à travers des stages et autres activités pédagogiques, de marcher dans les pas du styliste. Immersion dans sa médiation, cette approche culturelle où tout devient possible.

C’est comme une formation privilégiée, tamponnée par le sceau du styliste de renom. Alors que les vacances de Pâques battent leur plein, une dizaine de passionnées de la mode, âgées de 15 à 18 ans, se sont retrouvées stagiaires dans l’aile Nord du bâtiment du Louvre. Du lundi au vendredi, elles l’ont joué comme Dries Van Noten, créateur de mode belge, dont la première exposition française se déroule actuellement au musée de la mode, l’un des départements des Arts Décoratifs. Parmi les activités de médiation, le stage a permis aux jeunes filles de créer leur propre vêtement avec les techniques de l’artiste. « L’idée est de s’attacher aux questions de matière et de moulage. Les stagiaires ont travaillé directement sur le mannequin », explique Alexandra Garnier, costumière et animatrice du dispositif, « il ne s’agit pas d’imiter mais de s’inspirer du créateur ».

Première étape, découvrir l’exposition sous l’œil avisé de l’experte. « Ce qu’il y a de plus remarquable chez Dries Van Noten, c’est son inspiration. Et pourtant, il n’a pas beaucoup voyagé, tout provient de son imagination », raconte Alexandra Garnier. Et si le créateur s’inspire des livres et de son imagination, les stagiaires, elles, s’inspirent de son œuvre. Après avoir dessiné quelques croquis dans les allées de l’exposition, elles ont créé leur patron, à partir d’un modèle simple. Puis, chacune s’est laissé porter. Comme Charlotte, qui ne connaissait pas du tout Dries Van Noten avant de s’inscrire au stage. « J’aime beaucoup le côté très personnel de ses collections. Ici, j’ai pu apprendre à me servir d’une machine à coudre », avoue-t-elle. Comme Victoire, qui ne savait coudre que des boutons avant le stage. Ce n’est qu’après avoir visité l’exposition qu’elle a souhaité en apprendre davantage. Si parfois l’inspiration des stagiaires s’évade dans des contrées plus exotiques, d’autres fois, elle s’arrête tout prêt du musée des Arts Décoratifs. L’une des robes confectionnées arbore des rayures noires et blanches, « comme les colonnes de Buren, dans la cour du Palais-Royal », explique une stagiaire.

À l’origine du dispositif de stage autour de Dries Van Noten, Alexandra Garnier a un pied dans la mode et un autre dans les arts plastiques. Costumière de métier, elle s’est ensuite dirigée vers la médiation au Palais Galliera, puis au Petit Palais, et aux Arts Décoratifs pendant les vacances scolaires. « Les ateliers interviennent toujours en écho à une exposition, ou à l’œuvre d’un artiste en particulier. Le but étant de s’en imprégner et de se l’approprier en créant quelque chose », explique-t-elle. Pour Alexandra Garnier, les médiateurs sont des « passeurs de culture », ils prolongent le passage dans l’exposition pour en faire une expérience à part entière. Aux Arts Décoratifs, c’est devenu une habitude. Chaque événement est accompagné par un panel d’activités pour tous les âges : ateliers et stages de 5 à 18 ans, soirées et nocturnes festives pour les 18-25 ans… Point névralgique de l’institution parisienne, le département pédagogique et culturel voit même sa fréquentation augmenter d’année en année. La médiation, au cœur des actions, accorde au public, souvent dits « éloignés » ou « empêchés », une attention toute particulière, remise au goût du jour aux Arts Décoratifs. Mais cette médiation a un prix : 105 euros exactement, pour cinq jours dans la peau de Dries Van Noten.

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Exposition Dries Van Noten, au musée de la mode
Trop jeune pour lui faire rétrospective et trop complexe pour ne montrer qu’une collection. C’est donc une exposition sur ses multiples sources d’inspiration qu’a choisi d’élaborer le musée de la mode, rattaché aux Arts Décoratifs. Depuis le 1er mars, Dries Van Noten possède sa première exposition parisienne, déployant les univers dispersés de son imagination, point de départ « littoral ou abstrait » de sa haute-couture made in Belgique. De David Bowie à mouvement punk, en passant par Luchino Visconti et Jean Cocteau, l’exposition transporte le visiteur dans un monde exotique, intemporel, à la fois urbain et sauvage, dont seul le créateur a le secret.

Informations
Jusqu’au 31 août
Arts Décoratifs, 107, rue de Rivoli 75001
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h

 

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