[J’Y ETAIS] : Le cas One Direction

Aujourd’hui c’est le 21 juin. Ça me dit quelque chose cette date. Ah oui l’été. Mais y’a autre chose. Depuis 1982, c’est en effet la fête de la musique. Coïncidence? Peut être : c’est l’été donc on va dehors écouter de la musique. Bref, et si j’allais au stade de France a cette occasion? La semaine dernière c’était les rolling stones, la semaine prochaine Indochine. Et aujourd’hui? One direction. Mince. Bon j’y vais quand même.

Le Stade de France en ébullition d’œstrogènes juvéniles

Le Stade de France en ébullition d’œstrogènes juvéniles

Après les papys du rock, ce sont donc les ados du « rock » (enfin pas vraiment) qui remplissent le stade, en cette période de coupe du monde. Ils ont déjà fait le show la veille et sont condamnés à recommencer ce soir. La première partie est un groupe presque inconnu composé de musiciens relativement âgés. Ils entrent sur scène en jouant à saute moutons. Je crois que oui, ils visent un public plus jeune. On s’aperçoit aussi très vite qu’ils savent parler à un public français, en évitant soigneusement de parler anglais et en prononçant les quelques phrases apprises pour l’occasion, à base de « j’aime le fromage » ou encore « j’ai fait caca dans mon pantalon ». Merci encore.
Leur passage est relativement rapide, ne voulant probablement pas faire patienter des fans qui n’en pouvaient déjà plus d’attendre, en témoignent les interventions à répétition des services de la croix rouge aux abords de la fosse avant même le début du concert qu’elles attendaient toutes.
Le stade de France a quand même voulu célébrer la fête de la musique en diffusant entre les deux groupes une playlist de chansons plus ou moins populaires allant de la célèbre Macarena (dansée par tout un stade, bien sur) a l’inimitable medley de Grease en passant par le générique de Friends. Multi génération, donc.

Et puis vint l’instant de grâce. Une douleur comme jamais mes tympans n’en avaient connue. Des cris hystériques venant de toute part et résonnant dans l’enceinte majestueux du stade. Ce n’était que le début d’une longue souffrance.
Les chansons étaient reprises à tu tête par les jeunes filles en fleur devenues bilingues pour l’occasion, quoique fallait il encore comprendre ce qu’elles disaient. Chaque début et fin de chanson étaient ponctués d’effroyables cris stridents, ajoutant à la souffrance de mes pauvres oreilles nues. Des boules Quies auraient été les bienvenues. Des scènes similaires se reproduisaient quand l’un des chanteurs, peu importe lequel après tout, prenait la parole entre les chansons. Et de même, peu importe ce qu’il disait. Tandis que le bal des secours redoublait d’intensité, les chansons s’enchaînaient rapidement, passant d’un tube à un autre sans même s’en apercevoir parfois. Et oui, l’avantage de ce genre de musique, c’est que quand on aime une chanson, on les aime toutes. Si on n’aime pas en revanche, ça devient compliqué.

Quid de ce qui nous intéresse à une pareille occasion, à savoir la musique? Chacun de leurs morceaux semble avoir été créé sur mesure pour plaire à un public déjà conquis. Ce savoir faire diabolique fonctionne à merveille et fait mouche à chaque nouvel album. Sans les paroles, toutes les musiques seraient quasiment identiques. Les paroles, justement, parlons-en. C’est bien sur l’amour qui l’emporte. À base de « toi et moi », les jeunes Don Juan originaires du X-Factor britannique séduisent très facilement. Il ne faut d’ailleurs pas plus qu’un « I love you » ou « would you marry me » durant le concert pour battre un nouveau record de décibels et d’en faire chavirer plus d’une (ça se compte en centaines probablement, voire en milliers).
Venons en à présent au comportement de ces cinq jeunes garçons. Un premier constat s’impose : leur motivation a pris un coup. Et ça se voit quasiment sur toutes les chansons. On en attendait pas tant sur le niveau musical mais sur l’ambiance, ils n’ont pas semblé être à la hauteur. Est ce parce qu’il s’agissait de leur deuxième stade de France en 24h? Ou ce manque de dynamisme vient il d’une lassitude latente? Je pencherai pour la deuxième raison et ce pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, il faut rappeler que ces jeunes hommes ont vieilli depuis leurs débuts à la télé anglaise en 2000. Aujourd’hui âges de plus de 20 ans, ils n’ont peut être plus les mêmes intérêts que par le passé. C’était plutôt sympa de faire chavirer les gamines de 14 ans quand on en a 17 mais à 21 ans, on vise un peut plus haut. La preuve : Harry, le plus jeune âgé de 20 ans sort d’une relation avec la reine de la pop américaine Taylor Swift, âgée elle de 24 ans… Malheureusement pour eux, l’argent est ce qu’il est et les contrats les astreignent à continuer de se reproduire (sur scène, n’est ce pas).
Il en ressort donc un manque d’enthousiasme au moment d’interpréter leurs chansons, et peut être aussi une moins bonne entente entre eux. Très peu complices, ils se sont plutôt relayés sur le devant de la scène pour faire tour à tour un petit spitch afin de garder intact leur côté de popularité auprès de leur public. Car oui, il existe probablement une certaine rivalité entre eux. Faut il rappeler que les 5 garçons avaient pour but a l’origine de faire une carrière solo, jusqu’à ce qu’on les mette ensemble pour la beauté du boys band (merci Simon Cowell). Le seul à tirer véritablement son épingle du jeu est le jeune blond, qui garde une certaine fraîcheur et se prend un peu moins au sérieux.
Quant à l’aspect vestimentaire, nous citerons juste le fait que l’un d’entre eux portait un sweat à capuche, mise sur la tête une bonne partie du spectacle et qu’un autre aux cheveux plus longs avait semble-t-il oublié de passer chez le coiffeur, arborant un genre de bandeau en guise de cache misère.

Oui, oui, vous ne rêvez pas : ce sont bien eux.

Oui, oui, vous ne rêvez pas : ce sont bien eux.

Bref, c’était un vrai spectacle avec une super scène, des feux d’artifice, un public en folie. Mais avec une musique limitée propre à plaire à ces demoiselles enchantées qui éprouveront très sûrement un jour de la honte à raconter l’état dans lequel elles étaient ce jour la. Et regretteront aussi d’avoir perdu à l’occasion ces quelques capacités auditives qui leur feront défaut vers la fin de leur vie.

Anthony Ecard

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